samedi 6 février 2010

Le voyage sans retour - deuxième jour

Au réveil du deuxième jour, il faisait froid dans la chambre. Il restait encore sur les vitres quelques gouttes de la pluie tombée pendant la nuit. J'étais de mauvaise humeur et il n'y avait plus d'eau chaude. La réceptionniste m'a dit que le chauffe-eau était tombé en panne pendant la nuit mais qu'il serait réparé bientôt et que j'aurais de l'eau chaude le soir. Après les déboires de la veille, je lui ai annoncé que je n'avais plus envie de rester et que j'allais chercher une autre chambre en ville. Je suis donc repartie vers Windermere avec mes deux sacs et mon vélo en oubliant mon lait dans le frigo de l'auberge de jeunesse, mais avec mes deux nuits remboursées. J'ai réussi tant bien que mal à enfiler mon gros sac par les anses comme un sac à dos et à mettre mon sac à dos sur le ventre, ce qui a suffi pour descendre la longue pente en vélo jusqu'à Troutbeck Bridge, après cela j'ai dû continuer en marchant et en poussant le vélo.

une maison en ardoise comme on en voit beaucoup dans le coin

L'office de tourisme était ouvert cette fois. Apparemment, les employés n'ont pas vraiment le droit de donner des informations (en fait ils ne peuvent pas donner de noms de restaurants ou d'hôtels car ça favoriserait un établissement par rapport aux autres), donc ils ont pu me dire qu'il y avait des chambres à 26£/nuit mais pas à quel endroit, et si je voulais savoir s'il y avait de la place il fallait que je leur demande de réserver pour moi, en prenant une commission. Je suis allée dans une autre auberge avec des dortoirs, le Backpackers Hostel à deux pas de la gare. J'ai été accueillie par un monsieur charmant - appelons-le Creepy Guy - qui était un ami du propriétaire et pouvait donc m'expliquer comment ça se passait. On écrit son nom sur un registre, on donne son adresse et on indique le nombre de nuits. On prend une enveloppe, on écrit dessus son nom et le montant (nombre de nuits x 14.5£), on glisse le paiement en liquide dedans et on la glisse dans une urne fermée par un cadenas en espérant que personne ne vienne piquer dedans et que le patron soit honnête.


Après avoir posé mes affaires je suis descendue à Bowness en vélo (1.5 mile en pente tout le long, un vrai bonheur) pour trouver un restaurant qui faisait de l'agneau. C'est une des spécialités de la région, j'avais donc peu de chances de me tromper. J'ai choisi The Spinnery (le Rouet?) où j'ai mangé des champignons absolument fabuleux dans une crème à l'ail non moins fabuleuse, et de l'agneau rôti un peu décevant.

J'ai fait un petit tour de Bowness sans conviction. Le temps couvert commençait à s'éclaircir, j'ai donc décidé de repartir à Windermere d'où partait un chemin qui menait à Orrest Head, un panorama vanté par plusieurs guides touristiques. Une fois de plus j'ai dû pousser mon vélo sur la moitié du trajet et le déposer à l'hôtel où Creepy Guy m'a confié que la balade jusqu'au sommet d'Orrest Head était une de ses favorites.

Le chemin qui y mène se perd dans les bois. Il serpente le long d'un muret d'ardoise et un ruisseau le traverse. L'endroit est isolé; l'air y est tranquille. J'y ai appris que je n'effrayais pas les daims. Je suis arrivée en haut alors que le soleil se couchait derrière les sommets voisins. Le paysage était impressionnant bien qu'on ne vît pas le lac, enfoui dans les brumes persistantes. Je me sentais un peu seule là-haut, et extatique.

mer de brouillard sur lac anglais

Il faisait déjà nuit noire quand je suis rentrée à l'hôtel où Creepy Guy s'inquiétait pour moi. Je suis allée lire dans ma chambre. J'en suis ressortie un peu plus tard, à la recherche d'une barquette de frites à emporter, que je n'ai pas trouvée, les fish'n'chips ouverts en cette saison ne vendaient pas de nourriture à emporter. Je me suis rabattue sur une barquette de riz qui n'avait rien de cantonais et des chips à la crevette. Bien m'en a pris car le riz avait dû être frit à plusieurs reprises et les morceaux de viande n'avaient pas l'air frais, ni le goût. Creepy Guy a voulu m'offrir du pain, des céréales et du thé avant de partir faire des courses - non merci je n'ai besoin de rien.

J'ai fait du thé moi-même avant de retourner dans ma chambre. On frappe à ma porte une demi-heure plus tard : c'était Creepy Guy qui venait m'offrir une barre chocolatée, parce qu'il avait acheté un paquet de cinq. Je me suis couchée en flippant un peu, d'autant plus qu'il n'y avait pas de verrou sur la porte de la chambre, que j'étais la seule cliente ce soir-là et que je dormais avec un masque, les volets n'existant pas au Royaume-Uni.

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